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Hexaflumuron et termites : la science derrière le procédé SentriTech®

Pourquoi un termite ne peut-il pas simplement continuer à grandir lorsqu’un régulateur de croissance perturbe sa mue ? Comment une substance active peut-elle contribuer à agir sur une colonie entière alors qu’elle est introduite dans un système d’appâtage ?

Derrière le procédé SentriTech® se trouve une approche de lutte contre les termites fondée sur un principe biologique particulièrement intéressant : l’utilisation de l’hexaflumuron, une substance active appartenant à la famille des inhibiteurs de la synthèse de la chitine.

Pour comprendre le fonctionnement de ce procédé, il faut donc s’intéresser non seulement au termite, mais aussi à son exosquelette, à sa croissance, à ses mues et à l’organisation sociale de la colonie.

C’est précisément cette combinaison entre biologie du termite, physiologie de l’insecte et stratégie d’appâtage qui explique l’intérêt des systèmes de lutte par appâts.


Le termite : un insecte qui doit régulièrement changer d’enveloppe

Le termite est un insecte. Comme les autres insectes, il possède un exosquelette, également appelé cuticule.

Contrairement aux vertébrés, dont le squelette se trouve à l’intérieur du corps, l’insecte porte donc une véritable enveloppe externe qui assure plusieurs fonctions essentielles : protection mécanique, maintien de la forme corporelle, limitation des pertes d’eau et point d’ancrage pour une partie de la musculature.

Mais cette enveloppe présente une contrainte fondamentale : elle ne peut pas grandir indéfiniment avec l’animal.

Lorsque le termite se développe, sa cuticule devient progressivement trop étroite. Il doit alors procéder à une mue, ou ecdysis, au cours de laquelle l’ancienne enveloppe est remplacée par une nouvelle.

Ce phénomène est essentiel au développement du termite.

Et c’est précisément à cette étape que l’hexaflumuron intervient.


La chitine : un matériau essentiel de l’exosquelette

La chitine est un polysaccharide structurel particulièrement répandu dans le monde vivant. Chez les insectes, elle constitue un élément majeur de la cuticule, associé notamment à des protéines structurales.

La synthèse et le renouvellement de cette chitine sont donc indispensables au développement normal de l’insecte.

Un termite qui ne peut plus produire correctement sa nouvelle cuticule rencontre un problème biologique fondamental : il ne peut plus assurer normalement les étapes nécessaires à sa croissance et à sa mue.

Les inhibiteurs de la synthèse de la chitine exploitent précisément cette vulnérabilité biologique.

L’hexaflumuron fait partie des substances actives étudiées comme chitin synthesis inhibitors, ou CSI, et plus largement comme régulateurs de croissance des insectes. Des travaux expérimentaux sur les termites ont notamment étudié son activité, son acceptabilité dans les matrices d’appât et ses effets sur la mortalité et la mue.


Hexaflumuron : perturber la synthèse de la chitine

L’hexaflumuron n’est donc pas intéressant uniquement parce qu’il est toxique pour un termite.

Son intérêt dans une stratégie d’appâtage tient surtout à son mode d’action physiologique.

La substance active appartient à la famille des benzoylurées et agit comme inhibiteur de la synthèse de la chitine.

Autrement dit, l’objectif n’est pas de provoquer immédiatement un effet létal comparable à celui recherché avec certains insecticides à effet rapide.

L’hexaflumuron perturbe un processus indispensable au développement de l’insecte.

Lorsqu’un termite exposé à cette substance doit poursuivre son développement et effectuer une mue, l’incapacité à produire correctement les constituants nécessaires de sa nouvelle cuticule compromet cette étape.

La conséquence peut être une mue anormale ou létale.

C’est une différence fondamentale avec une approche reposant uniquement sur un effet insecticide immédiat.

Des travaux expérimentaux ont notamment observé, chez Reticulitermes flavipes, des manifestations caractéristiques associées à l’inhibition de la synthèse de chitine au moment de la mue.


Pourquoi ne parle-t-on pas simplement d’un « poison à termites » ?

Parce que cette expression ne décrit pas correctement la logique du procédé.

Dans un traitement par appâtage, l’objectif n’est pas simplement de tuer les termites que l’on voit.

Il s’agit de faire consommer l’appât par les termites, puis de permettre à la substance active d’intervenir dans le fonctionnement biologique de la colonie.

Cette distinction est essentielle.

Un termite souterrain est un insecte social. Les individus qui explorent leur environnement et recherchent les ressources alimentaires ne vivent pas indépendamment les uns des autres.

Les ouvriers participent à l’alimentation des autres membres de la colonie et les termites échangent notamment de la nourriture par trophallaxie.

Le livret d’information précontractuelle SentriTech® de Par’Excellence rappelle justement que les ouvriers recherchent la nourriture, la consomment puis la redistribuent aux autres membres de la colonie.

Cette organisation sociale est fondamentale pour comprendre l’intérêt d’un appât.


De l’individu à la colonie : changer d’échelle

Un traitement classique peut chercher à créer une zone traitée entre le bâtiment et les termites.

Le principe d’un système d’appâtage est différent : il exploite le comportement alimentaire et social du termite.

Le termite doit d’abord découvrir la ressource.

Il doit ensuite l’accepter et la consommer.

Dans un contexte favorable, l’appât devient alors une partie du processus de lutte contre la colonie.

C’est ce qui explique pourquoi les systèmes à base d’inhibiteurs de synthèse de la chitine ont fait l’objet de nombreuses recherches sur les termites souterrains.

Une étude de référence consacrée à l’hexaflumuron a ainsi évalué des appâts contenant cette substance active sur des colonies de termites souterrains et montré leur potentiel pour réduire fortement les populations présentes sur le terrain.

D’autres travaux ont étudié la transmission d’inhibiteurs de synthèse de la chitine entre termites exposés et termites non directement exposés, ce qui illustre l’importance du comportement social dans la stratégie d’appâtage.


Pourquoi l’action de l’hexaflumuron est-elle lente ?

C’est probablement l’une des questions les plus importantes lorsqu’on explique un traitement par appât à un propriétaire.

Lenteur ne signifie pas inefficacité.

Le mécanisme biologique de l’hexaflumuron est intimement lié au développement et à la mue.

Il ne s’agit donc pas nécessairement d’une mortalité instantanée après ingestion.

Le délai observé dépend notamment de la biologie des termites, de leur activité alimentaire, de la consommation de l’appât, de la taille et de la dynamique de la population ainsi que des conditions du chantier.

La littérature scientifique consacrée aux systèmes d’appâtage montre d’ailleurs que l’élimination des colonies de termites souterrains peut nécessiter plusieurs semaines ou plusieurs mois, avec des durées variables selon les situations et les espèces.

Cette temporalité est donc inhérente au principe même d’une stratégie de lutte fondée sur le comportement et la physiologie de la colonie.


SentriTech® : appliquer la biologie à un bâtiment réel

La science de la molécule ne suffit cependant pas.

Un système d’appâtage termites n’est pas simplement une boîte contenant une substance active.

Il faut d’abord comprendre le bâtiment, son environnement et l’activité des termites.

Dans le procédé SentriTech®, l’analyse de situation constitue ainsi une étape préalable. Elle permet d’identifier les parties infestées et de définir la zone à protéger en fonction de la configuration du bien et du niveau d’activité observé.

Le dispositif est ensuite installé selon les recommandations du procédé, avec des stations extérieures lorsque les conditions permettent leur mise en œuvre et, lorsque cela est nécessaire, des dispositifs complémentaires à l’intérieur du bâtiment sur les zones présentant des indices d’activité.

Le travail du professionnel ne s’arrête donc pas à l’installation.

Il commence réellement à ce moment-là.


Observer la consommation pour comprendre l’activité

L’un des intérêts majeurs d’un système d’appâtage est de pouvoir suivre l’activité des termites dans le temps.

Une station n’est pas simplement un dispositif installé dans le sol.

Elle constitue également un point d’observation.

Le professionnel peut ainsi interpréter l’activité constatée, contrôler le dispositif et adapter son suivi en fonction de l’évolution de la consommation.

Dans le procédé SentriTech®, des contrôles périodiques sont réalisés en fonction de l’activité des termites jusqu’à l’élimination de la colonie présente dans la zone protégée. Le dispositif fait ensuite l’objet d’une maintenance et d’une surveillance dans le cadre de la protection active prévue au contrat.

Cette notion de suivi est essentielle.

Car lorsqu’on travaille avec une colonie de termites, une photographie prise à un instant donné ne raconte jamais toute l’histoire.


Une approche qui agit sur la biologie plutôt que sur la seule présence visible

Les termites sont particulièrement difficiles à détecter.

Ils vivent majoritairement à l’abri de la lumière et peuvent circuler dans les sols, les murs, les vides sanitaires ou au contact des éléments constructifs.

Ils ne produisent généralement pas de sciure caractéristique comme peuvent le faire certains insectes à larves xylophages.

Les indices peuvent être discrets : cordonnets, traces dans les bois, dégradations de plinthes ou présence d’individus ailés lors de l’essaimage.

Le livret SentriTech® rappelle notamment que les termites souterrains peuvent être recherchés en priorité au niveau des éléments en bois en contact avec les murs, des sous-sols, des vides sanitaires et des rez-de-chaussée.

C’est pourquoi une stratégie sérieuse ne consiste pas simplement à traiter l’endroit où un termite a été aperçu.

Il faut rechercher le système de circulation de l’infestation.


Termites souterrains : une colonie, pas seulement quelques insectes

Les termites rencontrés dans les bâtiments français sont notamment des termites souterrains.

Leur biologie explique en grande partie la difficulté de leur détection et de leur traitement.

La colonie fonctionne comme une organisation collective dans laquelle différentes castes remplissent des fonctions complémentaires.

Les ouvriers recherchent les ressources alimentaires.

Les soldats assurent la défense.

Les reproducteurs participent au renouvellement de la colonie.

Les individus communiquent notamment grâce à des signaux chimiques et suivent des pistes qui permettent l’organisation de leurs déplacements.

C’est cette organisation sociale qui rend particulièrement pertinente une stratégie d’appâtage capable de s’intégrer dans le comportement naturel de l’insecte.


L’hexaflumuron ne « dissout » pas la chitine

Une précision scientifique mérite d’être apportée.

On entend parfois dire que l’hexaflumuron « détruit la chitine » ou « empêche le termite de faire sa carapace ».

La réalité est plus précise.

L’hexaflumuron est un inhibiteur de la synthèse de la chitine.

Il ne s’agit donc pas de dissoudre mécaniquement l’exosquelette existant.

Le problème apparaît lors du renouvellement de la cuticule : le termite doit produire les éléments nécessaires à sa nouvelle enveloppe, et la perturbation de cette synthèse compromet alors le processus de mue.

Cette nuance peut sembler académique.

Elle ne l’est pas.

Elle permet de comprendre pourquoi le mode d’action de l’hexaflumuron est intimement lié au développement de l’insecte et pourquoi son effet ne doit pas être assimilé à celui d’un insecticide à effet choc.


Pourquoi les inhibiteurs de synthèse de la chitine ont-ils été étudiés pour les termites ?

Les caractéristiques biologiques recherchées pour un appât sont particulières.

Il faut notamment que la substance active puisse être intégrée dans une matrice consommable par les termites et qu’elle ne provoque pas nécessairement un rejet immédiat de cette ressource.

Des études expérimentales ont montré l’intérêt de l’hexaflumuron dans des matrices d’appât et ont comparé son comportement à celui d’autres inhibiteurs de synthèse de la chitine.

Une revue scientifique portant sur plusieurs décennies de recherche sur les appâts contre les termites souterrains souligne également la place importante occupée par l’hexaflumuron dans l’histoire scientifique du contrôle par appâtage.

La pertinence d’un tel procédé repose donc sur une convergence entre chimie, entomologie, comportement social et technique d’intervention.


Le rôle du professionnel : la molécule ne remplace jamais le diagnostic

C’est probablement le point le plus important.

Une substance active, aussi intéressante soit-elle, ne suffit jamais à elle seule à constituer une stratégie de traitement.

Le professionnel doit savoir reconnaître les indices d’activité, comprendre la configuration du bâtiment, rechercher les zones de passage, définir une zone de protection cohérente et suivre l’évolution de l’activité.

Dans le cas du procédé SentriTech®, le dispositif prévoit précisément une analyse de situation, une installation adaptée, des contrôles périodiques, une maintenance et une inspection du bâti dans le cadre de la protection active.

La technologie fournit un outil. L’expertise permet de savoir comment l’utiliser.


SentriTech® : lorsque l’entomologie rencontre la stratégie de terrain

Le véritable intérêt d’un procédé de lutte par appâts ne se résume donc pas à son principe chimique.

Il repose sur une chaîne logique :

Détection → analyse → installation → consommation → suivi → action sur la colonie → protection active

Cette approche permet de passer d’une logique de traitement ponctuel d’un insecte visible à une réflexion à l’échelle de la colonie et du bâtiment.

C’est précisément ce qui rend la lutte contre les termites aussi particulière.

Un termite isolé n’est généralement que le signe visible d’une organisation beaucoup plus vaste.


Et après l’élimination ?

L’élimination d’une colonie ne signifie pas nécessairement que le risque biologique disparaît définitivement.

Les termites sont des organismes sociaux et les territoires peuvent être recolonisés.

Des études scientifiques ont notamment documenté des phénomènes de réinvasion de territoires précédemment occupés après élimination d’une colonie.

C’est pourquoi la notion de protection active et de surveillance prend tout son sens.

Dans le cadre du procédé SentriTech®, la prestation prévoit une maintenance du dispositif et une surveillance du bâti selon les modalités définies au contrat.

L’objectif n’est donc pas simplement de constater que les termites ont disparu à un instant donné.

Il s’agit également de conserver une capacité de détection et d’intervention dans le temps.


Conclusion : comprendre le termite pour mieux le combattre

Le traitement des termites ne se résume pas à l’application d’un produit.

Il commence par la compréhension d’un organisme vivant, de son cycle de développement, de son comportement alimentaire et de son organisation sociale.

L’hexaflumuron illustre parfaitement cette approche.

En perturbant la synthèse de la chitine, il exploite une étape fondamentale de la physiologie de l’insecte : la mue.

Intégré dans une stratégie d’appâtage, ce mécanisme biologique peut alors être associé au comportement social des termites et au fonctionnement collectif de la colonie.

Mais la science de la molécule n’est qu’une partie de l’équation.

La qualité d’un traitement dépend également de la capacité du professionnel à observer, diagnostiquer, interpréter et suivre.

Chez Par’Excellence, c’est cette combinaison entre connaissance du bâtiment, entomologie, méthode et suivi de terrain qui guide notre approche de la lutte contre les termites.

Un termite est petit. Une colonie est un système. Pour la combattre efficacement, il faut comprendre les deux.


Par’Excellence : traitement des termites en Charente-Maritime

Par’Excellence intervient auprès des particuliers et des professionnels pour l’analyse et la lutte contre les termites et autres insectes xylophages en Charente-Maritime.

Basée à Fouras, l’entreprise intervient notamment sur le secteur de Rochefort, La Rochelle et dans les communes de Charente-Maritime selon les besoins des clients.

Pour une suspicion de termites, la première étape consiste à analyser la situation avant de déterminer la stratégie de traitement adaptée au bâtiment.

Vous suspectez une présence de termites ? Contactez Par’Excellence !


Références scientifiques

  • Su N.-Y. & Scheffrahn R.H., Laboratory evaluation of two chitin synthesis inhibitors, hexaflumuron and diflubenzuron, as bait toxicants against Formosan and eastern subterranean termites, Journal of Economic Entomology, 1993.
  • Su N.-Y., Field evaluation of a hexaflumuron bait for population suppression of subterranean termites, Journal of Economic Entomology, 1994.
  • Su N.-Y. & Scheffrahn R.H., Comparative effects of two chitin synthesis inhibitors, hexaflumuron and lufenuron, in a bait matrix against subterranean termites, Journal of Economic Entomology, 1996.
  • Rust M.K. & Su N.-Y., travaux et revue sur l’évolution des systèmes d’appâtage des termites souterrains et l’utilisation des inhibiteurs de synthèse de la chitine.
  • Lewis J.L. & Forschler B.T., étude sur le transfert de formulations commerciales d’inhibiteurs de synthèse de la chitine chez Reticulitermes flavipes, 2017.
  • Livret d’information précontractuelle SentriTech® — Par’Excellence.